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Une poupée trop branchée

Les autorités allemandes annonçaient récemment que la vente d’un jouet nommé «Mon amie Cayla» est désormais interdite en Allemagne, vu le potentiel d’espionnage trop élevé des enfants et de leur famille. Le jouet comprenant un micro et une caméra (joints à une piètre sécurité) serait semble-t-il trop susceptible de capter des images ou des conversations, notamment parce qu’il peut être contrôlé à distance à l’aide d’un appareil mobile.

Le concept de l’Internet des objets continue de s’avérer problématique quant à son application aux objets du quotidien et, en particulier, par rapport au risque que de tels objets peuvent faire courir à notre vie privée. Le problème se pose de plus en plus au fur et à mesure qu’arrivent réellement ce type d’objets dans nos vies: plus on branche, plus on s’expose à ce qu’un tiers puisse ensuite nous nuire ou nous espionner grâce à la connexion qu’on crée ainsi. Si la sécurité de l’objet s’avère défaillante, tout est alors possible.

En décembre dernier, l’organisme UFC-Que dénonçait déjà les lacunes de sécurité de ce jouet, qui permet à n’importe qui de s’y connecter, non seulement le propriétaire ou le parent. En permettant une connexion Bluetooth de l’objet, tout tiers à proximité (20 mètres) peut alors espionner l’entourage de la poupée et même interagir avec l’enfant.

On critique aussi le jouet en question à cause des publicités ciblées que la poupée prononce périodiquement afin de promouvoir d’autres produits du fabricant. Plusieurs des phrases préprogrammées ne constitueraient en effet ni plus ni moins que des publicités à peine voilées.