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Câbles d’amarrage et chaînes de blocs : le Port de Montréal et les services frontaliers misent sur les registres distribués

Selon une dépêche de ce matin, le Port de Montréal serait en phase d’adopter une nouvelle plateforme basée sur la technologie des chaînes de blocs comme solution liée au commerce international. La plateforme en question se nomme TradeLens et a été développée par A.P. Moller — Maersk (MAERSK) et IBM.

La technologie des chaînes de blocs (ou « blockchain », en anglais) a un potentiel énorme comme moyen d’améliorer la façon de faire du commerce international et de l’expédition de marchandises. Comme la paperasse ralentit et complique actuellement le processus (parce qu’on fonctionne encore largement comme en 1955), nombreux sont ceux qui entrevoient une meilleure façon de se charger de la logistique d’expédition de marchandises qu’avec des centaines de formulaires en format papier. Pour plusieurs, les technologies de « registres distribués » comme celles des chaînes de blocs sont la solution parfaite pour y voir.

Le Port de Montréal espère grâce à ce projet faire passer une partie de l’écosystème logistique maritime à l’ère numérique. Selon la dépêche : « La solution TradeLens permettra au Port de Montréal d’améliorer le niveau de précision de ses renseignements organisationnels afin de mieux planifier l’utilisation de ses ressources en se basant sur les trafics entrants et sur une meilleure connaissance de ceux-ci, en amont. » On espère aussi utiliser TradeLens afin de mieux composer avec une augmentation du nombre de navires acheminant des produits vers le Canada par Montréal, en modernisant les processus de travail et en réduisant les formalités bureaucratiques qui ralentissent actuellement le processus.

Le Port de Montréal ne fait pas ici cavalier seul, puisque l’Agence des services frontaliers du Canada (« ASFC ») annonçait aussi ce matin qu’elle lançait un projet pilote avec la même solution. Pour ce service, TradeLens s’inscrit dans un effort d’accroître son efficacité pour traiter le nombre croissant de personnes et de marchandises commerciales qui franchissent les points d’entrée du Canada, l’ASFC traitant, semble-t-il, quotidiennement plus de cinquante mille expéditions commerciales. On espère aussi accroître la visibilité du cheminement des cargaisons une fois celles-ci entrées au Canada, ce que pourrait permettre un registre distribué comme celui de TradeLens.

Loin de s’avérer utiles ou intéressants uniquement pour l’industrie des technos ou relativement aux biens intangibles, les registres distribués sont de plus en plus utilisés en association avec des applications très concrètes, notamment en matière de chaînes d’approvisionnement, de logistique et de transport de marchandises. De façon croissante, le commerce international se fera en s’appuyant sur la technologie des chaînes de blocs, laquelle permettra de suivre de mieux en mieux l’acheminement des marchandises.