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250 millions de dollars en cryptomonnaie condamnés dans la voûte de QuadrigaCXP, dont on a perdu la clé

Dans une histoire qui a les apparences d’un mauvais scénario d’Hollywood, la société canadienne qui exploite le carrefour d’échange virtuel QuadrigaCXP serait désormais incapable de récupérer des centaines de millions en cryptomonnaie placés dans sa propre voûte. L’explication?  Sa voûte virtuelle aurait été configurée d’une façon tellement sécuritaire qu’on ne peut carrément plus y accéder depuis la mort du seul individu possédant le mot de passe. Hein? Oui, vraiment.

Suite à ce léger imbroglio, selon le site CoinDesk, QuadrigaCXP devrait l’équivalent d’environ 250 millions de dollars canadiens à ses clients, pour de la cryptomonnaie désormais condamnée dans sa voûte virtuelle. Le système de voûte de QuadrigaCXP aurait en effet été configuré afin que seul son fondateur puisse le déverrouiller à l’aide d’un mot de passe que lui seul connaissait. Le problème, c’est que Gerald Cotten est décédé en décembre dernier, emportant avec lui le mot de passe qui s’avérait la clé de voûte de l’édifice de la sécurité de QuadrigaCXP. Un mois plus tard, la société se rend maintenant à l’évidence que le mot de passe crucial à l’ouverture de sa voûte est perdu pour toujours.

Dans les faits, il semblerait donc que QuadrigaCXP vient de perdre la clé à sa propre voûte, y condamnant ainsi près de 200 millions de dollars américains en cryptomonnaie appartenant à ses clients. Puisqu’aucune copie ni aucun registre n’existe du mot de passe en question, la société serait dans la fâcheuse posture d’être désormais propriétaire d’un coffre-fort virtuel dont la combinaison a été bel et bien perdue.

En droit, la société Quadriga Fintech Solutions doit donc des centaines de millions de dollars à ses 115 000 clients qui avaient placé leur cryptomonnaie chez elle. Sans grande surprise, la société s’est désormais placée sous la protection des lois en matière d’insolvabilité – techniquement, la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies.

La firme Ernst & Young aurait été nommée pour administrer l’entreprise pendant une période initiale de trente (30) jours pendant qu’on tente de sauver les meubles.

L’histoire tend maintenant à prendre une tangente encore plus surréaliste, alors que certains expriment en ligne des doutes sur le fait que la voûte dont il est ici question (un «cold wallet» de cryptomonnaie) existe réellement. Des chercheurs auraient en effet analysé l’infrastructure utilisée par QuadrigaCXP qui, semble-t-il, permettrait de douter de l’existence même des réserves que l’entreprise devrait en principe encore détenir dans ses coffres virtuels.

Jusqu’à récemment, QuadrigaCXP pouvait se targuer d’être la plus grande place de marché de cryptomonnaie au Canada. Dans la catégorie « The bigger they are… ».