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Caméras et lieux de travail: de plus en plus, dans les écoles y compris

Une question dont la pertinence se fait de plus en plus sentir dans notre société a été soulevée récemment devant un tribunal et concerne la surveillance par caméra, à grande échelle, d’un lieu de travail et d’étude, à savoir l’école Vanguard (à Saint-Laurent). En l’occurrence, on rapportait cette semaine un dossier de nature juridique en cours quant à cet établissement, relativement à la soixantaine de caméras désormais installées dans cette école. Même si la direction justifie la surveillance par des motifs de la sécurité, les employés peuvent-ils se plaindre de cette surveillance quotidienne?

Comme il se doit au Québec, il semble que les caméras en question soient installées dans les espaces publics de l’établissement (entrées, corridors, cafétéria, etc.), mais pas dans les espaces comme les bureaux ni les salles de classe. Selon la direction, cette couverture serait rendue nécessaire par son désir de diminuer le vandalisme, les vols et l’intimidation, dans une école dont une partie de la clientèle présente des  difficultés d’apprentissage graves.

C’est le syndicat des enseignants de l’école qui s’adresse présentement aux tribunaux afin de faire déclarer ce moyen de surveillance par l’employeur comme portant atteinte au droit des employés à ne pas faire l’objet de surveillance à outrance. Un tribunal d’arbitrage a conclu l’automne dernier que, dans les circonstances de cette affaire, l’atteinte à la vie privée des employés était minime, décision que l’on demande maintenant à la Cour supérieure d’infirmer. Selon cette décision d’un arbitre en octobre dernier, les objectifs de l’employeur sont réels et urgents, un argument que le syndicat suggère d’ignorer compte tenu des autres moyens moins intrusifs qui sont disponibles pour composer avec les problèmes ciblés.