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Typo juridique: non, il n’y a pas lieu d’insérer deux espaces après un point!

Un contact sur LinkedIn republiait ce matin un lien vers un texte à saveur juridique (sans vraiment l’être) intitulé After a Period in Legal Writing: Comparing Typewriter Traditions With Modern Typography. Sérieusement, même si je ne suis pas du genre à couper les virgules ni les points en quatre, je recommande chaudement l’article de William Pfeifer (sur The Balance Small) en question à tous, juristes ou non!

En gros, le texte reprend le thème d’une question pratico-pratique à laquelle tous les juristes doivent répondre tôt ou tard, particulièrement face à d’autres juristes ou à des membres du personnel de soutien: doit-on vraiment mettre deux (2) espaces après un point à la ligne?

Eh bien, sachez que, comme je me tue à le dire à tous ceux que je croise dans le milieu professionnel depuis le début de ma pratique: la réponse est un retentissant NON. Un espace, uno, one, ein, 1. Pas deux, pas trois et encore moins quatre: un, c’est tout! Bon, bon, ok, ok, qualifions (difficile de faire autrement, étant juriste): oui, nonobstant ce qui précède, vous pouvez ajouter deux espaces après un point si vous avez accès à une machine à remonter dans le temps et que vous vous retrouvez à brasser des affaires ou à pratiquer le droit en 1978, alors que les machines à écrire régnaient encore dans nos bureaux! Mise à part cette exception, par contre, la réponse demeure un NON catégorique. J’insiste.

L’article de janvier dernier reprend une explication que j’avais lue il y a vingt ans (au début de ma pratique en droit des technos), quant au fait que le truc des deux espaces avait été imaginé et adopté à une époque où les machines à écrire ne pouvaient pas justifier ni rationaliser les espaces entre les lettres imprimées sur une page. (c.-à-d. que chaque caractère prenait le même espace horizontal que le suivant, sans exception.) Comme les espaces s’avéreraient tous de la même taille, on aidait l’œil du lecteur d’un document en doublant l’espace entre les phrases. Vérifiez, c’est une réalité historique… Eh, oui, à un certain point dans l’histoire, cela faisait du sens de doubler manuellement les espaces entre les phrases, c’est-à-dire jusqu’à environ 1982, quand les ordinateurs sont entrés dans les bureaux – comptez, cela fait presque quarante ans !

Qu’on se le dise donc (svp, passez le mot !): depuis la venue des ordinateurs, doubler les espaces après les points dans un document que vous préparez ou rédigez s’avère aussi utile que de doubler les virgules ou les majuscules au début des phrases – absurde, me dites-vous? Effectivement, ce serait stupide de faire ainsi… vous avez bien raison.

Personnellement, plus que jamais, ma macro automatisée de nettoyage de tout document ouvert par mon logiciel de traitement de texte demeure en fonction, pour remplacer toute instance de deux espaces consécutifs présente dans le document par un seul. Cela ne prend aucun temps de ma part, ne coûte rien au client, aide à me rassurer au quotidien que je pratique bien en 2019 et que si j’écoutais encore la radio (je pourrais visiter un antiquaire pour en trouver une), j’y entendrais autre chose que Kool and the Gang ou un autre groupe de cette époque. Bref, je vous confirme que nous pratiquons bien en 2019; svp, appliquez les règles actuelles de typographie. Vous avez mis votre code de procédure et vos règles de pratique à jour, faites de même avec vos règles de typo. Sérieusement, si vos modèles ou vos collègues datent d’une autre époque, mettez-vous et mettez-les à jour! En épargnant du papier, la planète vous en remerciera d’ailleurs, sans parler de tous vos contacts et collègues qui sont nés depuis la tenue du festival Woodstock.