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Mises à jour limitées dans le temps des ordinateurs Chromebook: et le consommateur, là-dedans?

Un article intéressant était publié hier concernant une particularité des ordinateurs de marque Chromebook, lesquels utilisent le système d’exploitation Chrome OS de Google. L’article soulève la question de la limite qu’a volontairement imposée Google à la longévité de ce type d’ordinateur, en fixant pour chaque itération d’ordinateurs Chromebook (c.-à-d. chaque «plateforme») une limite quant à la durée pendant laquelle les mises à jour seront disponibles pour les appareils.

En effet, en pratique, il semble que chaque appareil Chromebook possède ce qui revient à une durée de vie limitée, puisque les mises à jour cesseront lorsque l’appareil atteint une certaine date.

Dans le monde actuel, il s’avère difficile (voire dangereux) pour un usager de continuer à utiliser un appareil que le manufacturier refuse désormais de mettre à jour. Un bon exemple de ce phénomène explique les bonnes ventes actuelles du système d’exploitation Windows 10, dont un prédécesseur nommé Windows 7 prendra ainsi sa retraire en janvier prochain. Une fois que les mises à jour cessent, l’usager devra habituellement se résigner à envisager de remplacer son appareil.

La logique appliquée par Google en configurant ainsi son traitement des appareils Chromebook vise notamment à s’assurer que les usagers continuent à bénéficier d’ordinateurs suffisamment performants pour que leur expérience d’utilisation de l’appareil soit adéquate. En cessant de fournir les mises à jour aux modèles issus de plateformes jugées trop vieilles, Google uniformise un peu l’expérience à laquelle peuvent s’attendre les utilisateurs d’ordinateurs Chromebook. C’est, semble-t-il, l’idée, du moins.

Pour y parvenir, Google a décrété que chaque nouvelle plateforme de Chromebook obtiendra 6,5 années de mises à jour. Après cette période, on cesse tout simplement de permettre au système de Google de fournir les mises à jour aux appareils bâtis sur la plateforme en question. En pratique, c’est donc dire qu’un usager peut se procurer un appareil basé sur une plateforme datant de quelques années, puis bientôt réaliser (trop tard) que le système d’exploitation de l’appareil n’est plus mis à jour par Google, parce que son système considère l’ordinateur trop vétuste. Dès lors, l’appareil cesse de recevoir les nouvelles fonctionnalités fournies par des mises à jour, en plus des mises à jour de sécurité.

Il y a fort à parier que, juridiquement, la pratique en question de Google puisse poser problème, notamment si et quand les appareils de ce genre sont vendus à des consommateurs sans clarifier suffisamment qu’il existe une date d’expiration pour chacun de ces appareils. Je ne serais pas surpris qu’on voie tôt ou tard poindre des actions collectives à ce sujet, contre Google ou d’autres manufacturiers d’ordinateur de type Chromebook. Vendre un objet bon marché, c’est une chose, mais en vendre un qui cessera (essentiellement) de fonctionner à une date arbitraire (inconnue de l’acheteur) en est une autre, selon moi.

Les questions qui pourraient se poser alors pourraient inclure notamment la mesure dans laquelle on peut considérer qu’un ordinateur cesse de s’avérer viable lorsque son système d’exploitation cesse d’être mis à jour. Le même problème touche d’ailleurs déjà d’autres types d’objets connectés, y compris des téléviseurs.

Comme on s’en souviendra, le Chromebook était initialement positionné dans le marché comme un ordinateur bas de gamme très abordable, lequel satisfaisait amplement les besoins modestes de nombreux types d’usagers, incluant les étudiants. Fait particulièrement intéressant pour ces usagers, ces ordinateurs peuvent dorénavant exécuter des applications Android et même Linux, ce qui en décuple les fonctionnalités. On voit d’ailleurs apparaître sur le marché nombre d’ordinateurs Chromebook de plus en plus puissants et coûteux.