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Boeing 737 Max: quand des problèmes de conception matérielle et logicielle mènent à la mort

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Si vous vous intéressez à la conception de matériel technologique et/ou de logiciels, l’histoire des déboires de la société Boeing quant à la version Max du classique Boeing 737 est fascinante.

Je tombais ce matin sur cet article (d’IEEE Sprectrum) fort bien rédigé par un pilote aussi programmeur. Si vous disposez d’une vingtaine de minutes, je vous le recommande: c’est un superbe exemple des conséquences possibles de problèmes de conception, notamment de logiciels pourtant intangibles. L’explication détaillée est fascinante, comme un déraillement de train qu’on ne peut s’empêcher de continuer à regarder, malgré l’horreur que cela nous fait ressentir.

En gros, sans vouloir vendre le punch, au final, les décisions de conception matérielle d’une version modifiée d’un appareil existant ont graduellement mené Boeing à devoir trouver truc après truc visant à permettre de produire cette nouvelle mouture du 737. En poussant toujours plus pour mener ce projet à terme (et économiser du carburant grâce à la nouvelle version du 737), la société a graduellement complexifié le système de cet avion en oubliant peut-être au passage d’adapter adéquatement le programme destiné à contrôler l’avion en conjonction avec le pilote, notamment en donnant peut-être trop de force au système destiné à «aider» le pilote.

Cette histoire s’avère aussi un bon exemple du fait que, bien que nous soyons désormais très tolérants envers les mises à jour logicielles (dans nos applications, nos systèmes d’exploitation ou même nos appareils de consommation), toute entreprise qui s’adonne à de la programmation liée à du matériel a tout intérêt à s’éloigner de l’attitude, souvent liée à la livraison d’un projet de développement dans les délais prévus, que des mises à jour logicielles peuvent toujours être faites si jamais des problèmes se présentent.

Pire encore: lhistoire illustre aussi le fait (bien connu des programmeurs) qu’appliquer des mises à jour subséquentes aura presque invariablement l’effet de créer de nouveaux problèmes.

Au final, on peut aussi voir ici un énième exemple du fait que l’adage anglophone «Keep it simple stupid» conserve aujourd’hui toute sa pertinence. À trop vouloir complexifier ce qu’on conçoit (ou modifie), on risque fort de se retrouver avec des conséquences inattendues ou même funestes. Oui, l’exemple du Boeing 737 Max mérite bien de s’y arrêter.